Quand l’activité repart après l’adoption d’un plan de continuation, le premier poste qui consomme de la trésorerie est souvent le stock. Il faut racheter des matières premières, reconstituer des produits finis, honorer de nouvelles commandes. Et les fournisseurs, échaudés par la procédure, demandent fréquemment un paiement comptant.
Le stock est pourtant aussi un actif. Bien documenté, il peut servir de base à un financement qui suit le rythme de l’activité.
Le principe du financement adossé aux stocks
Le financeur met à disposition une ligne dont le montant est calculé sur la valeur des stocks éligibles, après application d’une décote. Quand le stock augmente, la capacité de tirage augmente ; quand il est vendu, la ligne est remboursée par les encaissements.
Plusieurs formes existent :
le gage des stocks, avec ou sans dépossession ;
la tierce détention, où un tiers contrôle physiquement le stock pour le compte du financeur ;
les lignes de financement d’actifs combinant stocks et créances clients (borrowing base) ;
le financement transactionnel, adossé à une commande ou à un contrat précis.
Pourquoi c’est pertinent pendant un plan
Le financement de stocks présente deux avantages dans ce contexte :
il s’appuie sur un actif identifiable et vendable plutôt que sur les ratios de l’entreprise, encore marqués par la procédure ;
il est proportionné au besoin réel : l’entreprise ne s’endette pas d’un montant fixe, elle mobilise la valeur des stocks au fur et à mesure.
C’est donc une réponse naturelle au paradoxe du redémarrage : le carnet de commandes s’améliore, mais la trésorerie se tend parce qu’il faut acheter avant de vendre.
Ce qui rend un stock finançable
Tous les stocks ne se valent pas. Un financeur regardera notamment :
la nature du stock : matières premières standardisées et produits finis courants sont plus faciles à financer que des en-cours ou des produits sur mesure ;
la rotation : un stock qui tourne vite est moins risqué qu’un stock ancien ou dormant ;
la traçabilité : inventaires fiables, outil de gestion des stocks, localisation précise ;
la valeur de revente : existence d’acheteurs en cas de défaut, décote réaliste ;
les droits des tiers : clauses de réserve de propriété des fournisseurs, gages existants, stocks en consignation.
La valeur retenue sera toujours inférieure à la valeur comptable. Selon la qualité du stock, la capacité de financement peut représenter une part significative ou très limitée de cette valeur.
Les points d’attention liés à la procédure
Pendant la période d’observation, la constitution d’une sûreté sur des actifs de l’entreprise nécessite l’autorisation du juge-commissaire. Pendant l’exécution du plan, le financement doit rester compatible avec les engagements pris et les éventuelles mesures d’inaliénabilité décidées par le tribunal.
Il faut aussi articuler la nouvelle ligne avec le règlement des créanciers du plan : les échéances annuelles s’ajoutent au remboursement du financement nouveau, et l’ensemble doit rester soutenable.
Ces sujets se traitent avec le commissaire à l’exécution du plan et les conseils de l’entreprise, avant d’approcher les financeurs.
Préparer le dossier
Pour qu’un financeur puisse se prononcer rapidement, l’entreprise doit pouvoir fournir :
un état détaillé des stocks par catégorie, avec valorisation et ancienneté ;
l’historique de rotation sur douze mois ;
les conditions générales des principaux fournisseurs (réserve de propriété) ;
le carnet de commandes et la prévision de ventes ;
une prévision de trésorerie intégrant les échéances du plan ;
le jugement arrêtant le plan.
Pour aller plus loin : notre page Financement de stocks et notre page Financer un plan de continuation.
En résumé
Le stock est souvent vu comme un problème de trésorerie pendant un plan de continuation. Bien préparé, il peut aussi devenir la solution : un financement qui grandit avec l’activité et repose sur un actif que le financeur peut apprécier directement.
Votre plan de continuation est-il finançable ?
Six questions, deux minutes : obtenez une première lecture de votre situation et des leviers mobilisables, puis réservez un échange avec l’équipe si vous le souhaitez.
Un premier échange de 30 minutes avec notre équipe, confidentiel et sans engagement.